Déchets américains à Westville... problèmes environnementaux au Québec?

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Montréal, Canada — Le site d’enfouissement de Westville qui se situe juste de
l’autre côté de la frontière américaine mais très proche de la municipalité québécoise
d’Elgin, tente d’obtenir une autorisation d’agrandissement de 240 hectares. Le site
d’enfouissement de Westville se situe dans le bassin versant de la rivière Châteauguay.
Ce site accueille déjà environ 125 000 tonnes de déchets par an depuis 1994. Apparemment
ce serait des déchets domestiques quoique l’information disponible n’exclut pas d’autres
types de déchet.
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En plus de Lachenaie... Westville !
La recommandation du BAPE au Québec le 13 août dernier de prolonger la vie du site d’enfouissement de Lachenaie au nord de Montréal est d’autant plus déplorable qu’en 2003 des promesses non tenues d’adopter des mesures pour minimiser les déchets avaient déjà été promises [Le Devoir]. Il est fort probable que Lachenaie accueillera encore 1,3 million de tonnes par an même au-delà de 2012. Est-ce que Westville pourrait devenir un autre Lachenaie? Actuellement, le tonnage annuel de déchets à Westville est de 125 000 tonnes. Son agrandissement permettrait une durée d’enfouissement théorique pendant une centaine d’années. Cependant, rien n’empêche qu’on autorise ultérieurement une augmentation du tonnage à un niveau similaire à celui à Lachenaie. Dans ce scénario, le site d’enfouissement de Westville serait plein environ d’ici 10 ans. Cette scénario est d’autant plus probable que les autorités locales américaines obtiennent des revenus selon les quantités de déchets annuels enfouillis dans le site.
La rivière Châteauguay
Ce site d’enfouissement à Westville est proche de municipalités de la vallée de la rivière Châteauguay au Québec, rivière qui se jette dans le St-Laurent en amont de Montréal. En particulier, la municipalité québécoise d’Elgin est tout proche de la frontière américaine et du site d’enfouissement.
Le bassin versant de la rivière Châteauguay couvre 2540 km2, à cheval presque également sur le territoire québécois et les États-Unis. La région compte environ 100 000 habitats dont 65 % dépend de l’eau souterraine comme source unique d’approvisionnement en eau. Dans les régions rurales principalement, 20 000 puits privés alimentés par les aquifères régionaux sont en opération.
Bien entendu, le promoteur du projet (le County of Franklin Solid Waste Management Authority Landfill Explansion) se fait rassurant dans leurs documents de consultation. En particulier, on peut y lire que 99,8 % des liquides d’infiltration provenant des déchets seraient capturés par la 1ère membrane et le reste par la 2e. Aucune indication des quantités totales produites et non seulement capturées.
Une enquête publique de ce côté de la frontière
Comme le Canada et les États-Unis se partagent la responsabilité de la gestion des eaux conjointes dans les bassins versants du St-Laurent et des Grands Lacs, Greenpeace exige que l’évaluation de l’expansion du site d’enfouissement à Westville enclenche aussi des évaluations publiques d’impacts environnementaux au Québec et au Canada. Ainsi, cela permettrait d’avoir plus de transparence dans ce dossier et surtout d’éviter que les problèmes émergent de ce côté de la frontière.
Solutions à long terme
Les sites d’enfouissement ne sont pas la solution à long terme de la génération de déchet. Au contraire, il faut mettre en place des politiques de réduction des déchets à la source en adoptant une responsabilité élargie des entreprises pour tous les produits qu’elles vendent et ceci, durant tout le cycle de vie de ces produits et de leurs composants (produits toxiques, etc.). Il faut également forcer les entreprises à reprendre ces produits à la fin de leur utilité et à les gérer d’une manière écologique et socialement responsable. Les déchets organiques et compostables devraient être compostés et non pas enterrés grâce à des programmes municipaux efficaces.
Greenpeace mène actuellement une campagne pour que l’industrie de l’électronique gère d’une manière responsable ses déchets. Responsabiliser les industriels est la solution aux sites d’enfouissement.
Source : Green Peace