La biomasse forestière loin d’être une solution miracle!

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Montréal, Canada - Greenpeace accueille avec certaines réserves le plan d’action du
gouvernement du Québec qui vise à favoriser et accroître l’utilisation de la biomasse
forestière. Sans être en désaccord de principe avec la possibilité d'utiliser la
biomasse forestière pour produire de l’énergie, Greenpeace déplore que des balises
environnementales claires n'aient pas été adoptées ou proposées dans le cadre de la
nouvelle stratégie.
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Greenpeace accueille avec certaines réserves le plan
d’action du gouvernement du Québec qui vise à favoriser et accroître
l’utilisation de la biomasse forestière. Sans être en désaccord de principe
avec la possibilité d'utiliser la biomasse forestière pour produire de
l’énergie, Greenpeace déplore que des balises environnementales claires n'aient
pas été adoptées ou proposées dans le cadre de la nouvelle stratégie.
Greenpeace
accueille avec certaines réserves le plan d’action du gouvernement du Québec
qui vise à favoriser et accroître l’utilisation de la biomasse forestière.
Sans être désaccord de principe avec la possibilité d’utiliser la biomasse
forestière pour produire de l’énergie, Greenpeace déplore que des balises
environnementales claires n’aient pas été adoptées ou proposées dans le cadre
de la nouvelle stratégie de valorisation de la biomasse. Il existe certains
risques potentiels en lien au développement de la filière énergétique à partir
de la biomasse forestière. Avant de déclarer que la biomasse forestière est une
énergie verte, le Québec a-t-il bien examiné tous les aspects du cycle de vie
de la ressource? Quels ont été les critères d’évaluation utilisés par le
gouvernement pour déterminer quels projets d’utilisation de la biomasse sont
compatibles avec le développement durable? L’utilisation accrue de la
biomasse forestière ne menace-t-elle pas la biodiversité et les écosystèmes forestiers?
L’utilisation massive de la biomasse forestière ne va-t-elle pas augmenter l’érosion
et/ou l’acidification des sols?
Menaces potentielles
- Le
retrait de la majorité des débris ligneux (tiges, branches, etc.) sur les
territoires de coupes forestières pourrait augmenter la dégradation,
l’appauvrissement et/ou l’acidification des sols.
- Les
émissions de gaz à effet de serre reliées à l’utilisation de la biomasse
forestière pourraient être beaucoup plus élevées que les prévisions du
gouvernement du Québec, notamment en considérant l’augmentation des
émissions des GES reliés à une intensification de l’exploitation
forestière, à la perturbation des sols à l’aide de machineries
industrielles au transport et à la transformation de la matière première.
- Une fois
ce créneau développé et valorisé, les coupes forestières en forêts
intactes pourraient augmenter pour subvenir à la demande d’énergie
produite à partir de la biomasse forestière.
Réduire les
gaz à effet de serre OUI!
Détruire des écosystèmes forestiers NON!
Il est vrai que certaines bioénergies qui affichent un bilan énergétique net et
global élevé tout en ayant une faible teneur en carbone peuvent aider à réduire
les émissions de GES lorsqu’ils remplacent des énergies fossiles comme le
pétrole, le charbon ou le mazout. Cependant, ces nouveaux combustibles ne
doivent en aucun cas détruire des écosystèmes intacts ou dégrader des
écosystèmes déjà fortement fragilisés par des opérations forestières
industrielles existantes.
D’emblée, certains critères doivent être mis de l’avant. Toute production de
bioénergies doit répondre aux conditions suivantes :
- Impliquent
une réduction des émissions de GES d’au moins 60 % comparé aux
combustibles fossiles;
- Répondent
à des critères de durabilité stricts et doivent être produits selon les
méthodes de foresterie durable. Le bois et les résidus forestiers ne
doivent être récoltés que si les forêts sont gérées selon des standards de
durabilité, comme le FSC;
- N’engendrent
pas la conversion ni la dégradation, directe ou indirecte, de forêts
primaires ou de tout autre écosystème naturel ou intact;
- Ne menacent
pas la biodiversité;
- N’utilise
pas d’espèces invasives;
- Préservent
la santé biologique des sols et ne les exposent pas à l’érosion;
- Conservent
les ressources en eaux.
Des déchets ?
Quels déchets ?
Les troncs,
les cimes et les branches laissés en forêts, qui sont à la source des projets
de biomasses valorisés par le gouvernement, ne sont pas des déchets, mais
plutôt des matières organiques essentielles afin de maintenir la qualité des
sols. Les branches et autres « résidus » forestiers sont la source
même de nutriments essentiels pour favoriser la régénération des prochaines
générations d’arbres et de forêts, déjà confrontés à croître sur des
territoires dégradés et appauvris en nutriments.
Biomasse et
changements climatiques
Outre
l’aspect énergétique potentiellement intéressant, il importe de considérer de
façon globale le rôle que joue la biomasse dans la lutte aux changements
climatiques. Or, l’exploitation forestière qui précède la récolte de la
biomasse peut avoir des conséquences néfastes sur le réchauffement planétaire.
Un rapport international publié par
Greenpeace démontre que les coupes à blanc entraînent une augmentation des
émissions de carbone, une réduction de la capacité de stockage de la forêt et
une accélération de la fonte du pergélisol. Elles réduisent également la
résistance de la forêt aux conséquences des changements climatiques. De telle
sorte qu’à son tour, la forêt engendre de nouvelles émissions de GES, ce qui
finit par créer un cercle vicieux où le réchauffement détériore la forêt qui,
une fois dégradée, augmente le réchauffement. Dans certains cas, les forêts
continuent à émettre des émissions longtemps après qu’on y ait fait des coupes
- pendant plus de 10 ans, et cela, même s’il y a du reboisement.
On apprend
aussi que la majorité du carbone en forêt boréale se retrouve dans le sol, et
que pour atténuer le réchauffement planétaire et diminuer les émissions de GES
dès maintenant, il faut protéger les forêts intactes qui stockent d’importantes
quantités de carbone. Malgré tout, le gouvernement ne tient pas en compte ces
éléments dans ses calculs des émissions de GES évités par l’utilisation de la
biomasse.
Greenpeace
presse le ministère des Ressources naturelles et de la Faune à compléter des
analyses de cycle de vie (impacts environnementaux et sociaux élargis inclus)
et de cycle du carbone de façon complète (les émissions reliées à
l’exploitation forestière, au transport et à la transformation inclus) pour
tous les projets de bioénergies et de les soumettre à un examen public.
Bref, les
bioénergies peuvent jouer un rôle non négligeable dans la lutte aux changements
climatiques. Il ne faudrait cependant pas croire que les bioénergies
représentent une solution miracle au problème de l’utilisation non durable de
l’énergie. Son utilisation doit absolument s’accompagner de mesures politiques
et sociales afin de réduire la consommation d'énergie, d'augmenter l’efficacité
énergétique et d’interdire la dégradation des écosystèmes forestiers déjà
fortement fragilisés par l’exploitation forestière.
http://www.mrnf.gouv.qc.ca/forets/entreprises/entreprises-transformation-strategie-energie.jsp
Écrit par : Mélissa
Fillion (GreenPeace)